Héra

Héra

Hip-hop/Rap

Sortie:

De Georgio

Mon avis: Le jeune rappeur du XIIIème arrondissement de Paris nous propose un dernier album accompli, où son niveau d’écriture atteint son paroxysme au travers de son vécu, ses lectures et de ses relations avec les autres qui sont le fondement de son inspiration.

Georgio est un jeune rappeur du XIII ème arrondissement, il est important de le souligner car sa fanbase est très importante dans ce quartier de Paris comme nous avions pu le constater à son concert début janvier à La Cigale. À tout juste 24 ans, ce rappeur s'est affirmé au fur et à mesure du temps depuis ses débuts avec le collectif L'Entourage. Sa plume, aussi mélancolique que dynamique, nous emporte dans un voyage de poésie contemporaine qui nous prouve que de nos jours, le rap se détache des connotations négatives dont il était victime, pour devenir le genre de musique majeur des 18-24 ans en France.

On se rappelle des premiers sons de Georgio Comme une balle, Nouveau souffle ou Tu sais c'qui se passe ; ce nouvel album vient confirmer la transition musicale qu'il avait entamé avec son dernier album Bleu Noir. Héra vient confirmer le monde de Georgio.

Le monde de Georgio peut paraître mélancolique, triste et donner l'impression que ce rappeur se morfond. Cette vision est biaisée, au contraire, ce rappeur ne connaît pas l'égotrip et se concentre sur une constante acceptation de la fatalité de la vie. Il encaisse et va de l'avant par son écriture, il écrit pour décrire, et refaire le monde dans une visée plus pacifique et solidaire.

Héra décrit le chemin de Georgio dans le rap: des débuts difficiles dans un collectif où personne n'aurait parié sur lui, une ascension en solo et une apogée atteinte avec ces deux derniers albums. Georgio, ce n'est pas de la trap, c'est du rap conscient où tout le monde se reconnaît.

Les chansons

Héra : Ce titre est sûrement un des meilleurs de l'album, les références sont nombreuses et les tonalités du refrain sont de plus en plus fortes, pour tendre vers la colère. Georgio s'ouvre et s'envole avec Héra. Mais qui est elle, sa petite amie ? Sa famille ? Sa chimère ? Libre à vous.

La terre je la dévore : Ce titre se détache des autres, il est plus doux, le texte est plus accessible. Il décrit la rage de vaincre consommée dans le rap et la hargne qui le stimule chaque jour sur uns instrumentale douce : ce paradoxe nous offre un titre original et entraînant.

L'espoir meurt en dernier : Contrairement aux deux précédentes, ce texte fera plaisir aux puristes qui retrouveront le Georgio qui réalisait des freestyles avec Nekfeu ou Vald. Le texte nous emporte sur une instrumentale rythmée, tout en signant une référence à Kanye West...

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